Une nouvelle année débute dans les Corbières.
Le froid n’entame en rien la motivation de nos équipes pour se lancer dans l’aménagement et réhabilitation des chemins de randonnées impactés par l’incendie d’ailleurs…
Savez-vous comment se construit un sentier de randonnée ?
Avant même que le premier panneau de balisage ne soit planté, l’histoire du sentier commence autour d’une table, à l’initiative de la Communauté de Communes ( CCRLCM) dans la salle d’une mairie accueillante. L’Office de Tourisme, engagé avec son chantier d’insertion, y tisse les premiers liens avec la commune partenaire, des acteurs locaux, des associations locales de chasse, de biodiversité, du patrimoine, les animateurs des zones protégées… C’est là que naît l’idée d’un chemin, encore invisible, mais déjà porteur de promesses.
Puis vient le temps de la marche. Romain arpente le territoire, carnet en main, scrutant les reliefs, les passages possibles, les zones à éviter. Dessiner un sentier, c’est composer avec la nature, mais aussi avec les Hommes : contourner les propriétés privées, respecter les usages, imaginer un tracé harmonieux. Chaque détour, chaque zone d’ombre repérée, chaque traces du passé, chaque point de vue devient une pièce du puzzle.
Une fois le parcours imaginé, commence une autre aventure, plus administrative mais tout aussi essentielle. Il faut solliciter les autorisations de passage, échanger avec les communes traversées, consulter l’ONF s’il y a lieu, rencontrer les propriétaires privés pour établir des conventions. Le sentier se construit alors autant dans les bureaux que dans les sous-bois. Une fois cette partie terminé, il est présenté à la CDESI par Anne ( commission départementale) pour y être inscrit.

Le pôle tourisme est prévenu pour intégrer ce nouveau sentier à proposer aux visiteurs des BIT. Claudine, saisit les éléments techniques fournis par Romain dans la base de données pour que ce nouveau sentier puisse remonter sur notre site internet.
Un approche responsable a toujours guidé chaque décision. Le tracé s’écarte volontairement des zones de nidification, contourne les espaces protégés, préserve les milieux sensibles. Le respect du vivant n’est pas une contrainte, mais une évidence pour l’office de tourisme Corbières Minervois.

Zoom sur une nouvelle randonnée
À Argens-Minervois, en partenariat avec La Ligue de Protection des Oiseaux, la fédération Aude Claire, la LPO, l’association Paléocènes, le service environnement du Département le Tour du lac des Aiguilles vous invite à flâner et observer la faune, la flore, la géologie depuis chaque recoins du lac. La déambulation se fait au rythme des clapotis et offre un cadre apaisant à l’écoute des habitants du site. Une cabane d’observation des oiseaux a été installée.
Un projet construit avec des acteurs locaux et une dimension inclusive forte
Le partenariat avec l’Office de Tourisme Corbières Minervois a permis la conception des panneaux pédagogiques, des supports d’interprétation et la mise en valeur du sentier ont été menées en collaboration avec l’Office de Tourisme Corbières Minervois et le chantier d’insertion. Pour la création et l’édition de ces supports, la commune s’est appuyée sur des associations et entreprises locales, mobilisées pour leur expertise.
L’expertise ornithologique réalisée par la Ligue de Portection des oiseaux a été conduite sur une année complète, comprenant six sessions d’observation. Elle a permis d’identifier 34 espèces nicheuses, dont 9 remarquables (alouette lulu, échasse blanche, héron pourpré…) et 13 espèces migratrices utilisant le lac comme halte. Les principales problématiques relevées concernent le piétinement des roselières, les dérangements liés à la fréquentation, la présence de chiens et le passage d’un troupeau ovin. La recommandation majeure formulée par la LPO est l’installation de ganivelles afin de protéger les zones les plus sensibles.
La cartographie des habitats et inventaire de la faune menée par Aude Claire a mis en évidence une grande diversité d’habitats : pinèdes, pelouses, friches, roselières, coteaux marneux, milieux lacustres… Elle a également permis d’identifier trois plantes rares nécessitant une protection particulière et de confirmer la présence du potamot crépu, indicateur d’une bonne qualité de l’eau. La richesse faunistique du site est notable, avec : 30 espèces d’orthoptères, 6 espèces d’amphibiens protégées (dont la grenouille de Graf), 18 espèces d’odonates, 16 espèces de chiroptères, 45 espèces de lépidoptères et 12 espèces de reptiles.




Ces études confirment le fort intérêt écologique du lac et constituent la base scientifique du projet de valorisation et de protection du site.
