Les citadelles du Vertige

A partir de 1229, débuta le dernier chapitre de la résistance cathare et de l’autonomie occitane. Le Roi de France intervint dans le conflit et pacifia rapidement la zone, annexée à la couronne royale. Les Corbières devinrent la nouvelle frontière sud du royaume de France. Et comme toute frontière, il fallut la fortifier et la surveiller. Toutefois la surveillance fut aussi intérieure. Car, le roi de France ne faisait guère confiance à la rapide reddition des seigneurs occitans. Et ce à juste titre. Après la tentative de soulèvement des « faydits » en 1240, les Corbières passèrent directement sous contrôle du Roi de France. En 1258, Aragon et France se partagèrent la zone au traité de Corbeil. L’ère des forteresses militaires, appelées « les fils de Carcassonne », pouvait commencer.

Les maîtres d’œuvre royaux ont démantelé et réaménagé les anciens villages fortifiés des seigneurs occitans, en remaniant et modernisant les éléments de maçonnerie, contribuant à la défense passive de ces ouvrages. L’ampleur des fortifications ferait croire à des sites occupés par des centaines d’individus, comme Peyrepertuse. Ce véritable vaisseau de pierre fondu à la falaise à 800 mètres d’altitude, est toujours une énorme citadelle s’étendant sur près de 7 000 m². Mais ces châteaux n’étaient en fait que de simples casernes militaires, recevant un effectif d’une dizaine de soldats. Leur rôle n’était pas la défense mais la surveillance de la frontière, ce qui explique leur position géographique, souvent en hauteur Quéribus, Peyrepertuse ou contrôlant un accès stratégique comme Aguilar et Termes. A eux échoyait la tâche de l’alerte. Certains de ces châteaux, au gré du temps, furent aussi adaptés aux nouvelles techniques de combat telles que le fusil et le canon comme à Quéribus.