Vivre ensemble

Il existe donc une géographie formelle des villages, avec places, rues, ruelles... bonnes pour les employés cadastraux ou pour les photos satellites, mais il existe surtout une géographie humaine où certains endroits prennent une autre dimension. Les points de rencontre que pouvaient être le lavoir (lo lavador comme celui de Talairan) ou la fontaine (la font) ont perdu leur rôle.
Hors des salles officielles, foyer ou club du 3ème âge, dans chaque village, on va trouver un endroit à l’abri où les anciens se réunissent pour parler de l’actualité du village et d’ailleurs : le Sénat, le club. Et là, ils font marcher la rassega : « — Sabes pas, Un tal.. — E ben, aquela empega... Me’n diràs tant... ».

L’esprit de solidarité et de communauté est développé pour venir en aide aux plus faibles ou démunis : c’est la salade en trop qu’on donne à la voisine, quelques champignons ramassés,... Un coup de main... souvent sans l’attente d’un retour.
Ces champignons dont les coins de cueillette sont tenus secrets et ne se transmettent parfois que sur le lit de mort (ou jamais !), que ce soit bolets, ceps (cèpes), cocorlas, sant miquèls (coulemelles), cabarlasses (agarics), codèrlas (clytocibe), cotiva (pleurote), maurilhas (morilles), mossairons (mousserons), rosilhons (lactaires délicieux), pibolada (champigons du peuplier), griseta (petit gris), giròla (chanterelle),…

Ne vous étonnez pas si les gens vous saluent à votre arrivée d’un Adieu ! sonore. Car, ici, en terre d’Òc, quoique parfois mécréants, on se recommande à Dieu aussi bien au moment des rencontres et retrouvailles qu’à celui des séparations.