Dans les années 1890, Joseph Anglade, félibre (auteur de textes amusants en langue d’oc) et universitaire (spécialiste de l’occitan médiéval), rapporta de Toulouse un objet bizarre et magique, en cuir et de forme ovale : un ballon de rugby. Après les parties amicales du dimanche à la suite de pique-nique, le jeu devint sport et naquit le Football-Club Lézignan en 1907 (car ici « anar al fòbal », c’est aller au rugby !). Le sport essaima dans les villages alentour. Le FCL disputa la finale du championnat de France face à... Quillan en 1929 (et la perdit). Après l’apparition du rugby à XIII en 1934 (qui fut interdit par Vichy) et sa renaissance à la Libération, les deux codes rugbystiques se partagèrent le territoire : on est quinziste ou on est treiziste et on en discute à en perdre la voix et jusqu’au bout des arguments chaque fois que l’on se rencontre !

Le Football Club de Lézignan XIII (www.fcl13.fr) a connu de riches heures ces dernières années, enlevant 4 titres de champions de France successivement de 2008 à 2011 et soulevant la Coupe Lord Derby en 2010 et 2011. Les villages autour connaissent également l’engouement pour le XIII : Ferrals, Ornaisons, Homps, Val de Dagne,...

Les quinzistes, ayant pour référence les grands clubs voisins de l’AS Béziers et du Racing Club de Narbonne, sont nombreux à disputer les épreuves régionales languedociennes et remportent régulièrement des titres nationaux : Bassin Sud Minervois, Névian-Canet, AOC (Ouveillan-Cuxac), St-André-Bizanet, Tauch-Corbières (Tuchan-Durban), ...

Lo dimenge e los jorns de fèsta, 
Anam totis a l’estadium, 
Anam véser aquelas bèstias, 
Que corrisson darrièr lo balon
Viva lo fòbal, es aquò que nos cal ! Aquí almens tot lo monde remena
Viva lo fòbal, es aquò que nos cal ! 
Aquí almens i a un pauc de rambalh
Las nasicas son esclafadas
Los dentièrs son degobilhats
Las aurelhas son rosegadas
Fa pas res ! Avèm ganhat !

Le dimanche et les jours de fête, nous allons tous au stade voir courir ces costauds derrière un ballon. Le rugby c’est ce qu’il nous faut : là, au moins, tout le monde bouge et il y a de l’animation.