… et Méditerranée …

A Rouffiac-des-Corbières, pénétrez sur le vaste terrain de jeu des sangliers. Le relief est varié et très chaotique ; pays de Pechs et de gorges, de collines et de coteaux, et les garrigues, maquis et pinèdes, battues par le Cers et le Marin. Les massifs montagneux se couvrent de bois et de sous-bois denses : buis/bois, chêne-kermès/garrolha, lentisque/lentiscle, lavande/aspic, ciste blanc/moja blanca, genévrier/cade, bruyère/bruga …
Le climat méditerranéen y domine partout sauf à Rouffiac-des-Corbières, car l’olivier/l’oliu n’y pousse pas.

Continuons le GR36 plus au sud, il cherche à s’évader vers le Fenouillèdes mais avant il rejoint le Sentier Cathare à Duilhac-sous-Peyrepertuse. Si vous souhaitez prendre la mesure de ce paysage méditerranéen gravissez les pentes du château de Peyrepertuse pour un voyage inédit sur un paquebot minéral de luxe. Vous découvrirez alors au sud-est un autre phare minéral, le château de Quéribus, vigie patiente du haut de laquelle (728 m) vous découvrirez enfin la Méditerranée.

Après Cucugnan, les gorges du Verdouble offre un relief acéré après Padern. Elles conduisent à la plaine viticole de Tuchan. Cette zone connaît un fort dénivelé de 136 m à Paziols, jusqu’à 917 m pour le Pech de Fraysse sur le Mont Tauch, qui surveille toute la plaine. Sur les flancs du Mont Tauch, la randonnée De Notre Dame de Faste à Ségure, vous entraînera sur les flancs de ce géant des Corbières, à la découverte de la chapelle Notre Dame, lieu insolite édifié par la vénération de marins.

Sur cette zone méditerranéenne, règnent la vigne/la vinha et l’olivier/l’oliu. Tout autour, des îlots de végétation au cœur des pierres et rocailles et des pinèdes. La garrigue arbore l’euphorbe (ou herbe des sorcières)/lachuscla-èrba de las bruèissas, l’aphyllante de Montpellier/bragalon, la coronille/coronilha, le genévrier cade/cade, le chêne kermès/garrolha, les cistes/mojas… Quant au maquis qui se développe sur sols siliceux et acides, il fait la part belle au chêne liège/siure, au ciste/moja, à la bruyère/bruga, à l’arbousier/arboç et à la lavande/aspic.
N’oubliez pas si vous êtes migraineux, un petit sachet de lavande sous votre oreiller, vous apportera apaisement, un sommeil profond et porteur de rêves de bonheur.
Les bosquets de chênes-verts/ausina clôturent ce paysage, que nous vous conseillons aussi de visiter au printemps, pour profiter de la profusion des couleurs et des senteurs : blanc, rose, mauve, bleu… et ce vert électrique qui manquera bientôt à l’approche des premières sècheresses, au moment où se réveilleront cigales/cigalas (que cantaràn sens pausa : Sega, sega, sega ! - qui chanteront sans arrêt Sega, sega, sega : moissonne donc !) et grillons/grelhs :

que cantaràn sens pausa : Sega, sega, sega !
Traduction : qui chanteront sans arrêt Sega, sega, sega : moissonne donc !

Suivons encore un peu, les pas des cathares après le château d’Aguilar, vers Durban-Corbières. Vous pénétrez progressivement sur les terres de la forêt domaniale des Corbières Orientales. Après un détour par Embres-et-Castelmaure, les ruines imposantes du château de Durban se dessinent au loin. Abandonnez le Sentier cathare qui rejoint la mer, et remontez vers le nord. Ces Corbières sont moins élevées en moyenne mais sauvages en diable. Et partout la vigne/la vinha qui s’écoule des coteaux et dans les plaines. Elles sont souvent accompagnées d’amandiers/los ametlièrs que vous découvrirez en fleurs dès le mois de janvier, pétales blanches cotonneuses qui annoncent les promesses prochaines du printemps…