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La plus importante
réalisation en matière de travaux publics jamais entreprise en Languedoc
a été le Canal du Midi.
Il a contribué au développement
économique de toute une province grâce au trafic commercial qu'il
a suscité : céréales, vins, huiles, fruits, tissus, matériaux de
construction… De nombreuses générations ont rêvé de relier la Méditerranée
à l' Océan Atlantique. Il fallut attendre le printemps 1681 pour
que ce rêve se réalise, et cela par la volonté et le génie d'un
enfant du Pays d'Oc, " Nostre Riquet " : Pierre Paul Riquet
…
Cette aventure aurait été
impossible sans l'imagination, la détermination et la force de cet
homme, que l'obstination du Ministre Colbert et l'intelligence
du Chevalier de Clerville rendirent plus efficace encore.
Son " génie " a été tout
simplement de penser à alimenter le futur canal avec les eaux des
ruisseaux de la Montagne Noire. Par sa volonté, il parvient à obtenir
les autorisations et financements nécessaires à la réalisation de
son grand dessein.
Grâce à l'appui de l'Archevêque
de Toulouse, qu'il sait convaincre de la faisabilité de son projet,
Riquet obtient l'aval de Colbert et, en octobre 1666, un édit de
Louis XIV ordonne la construction du canal de navigation
et communication des deux mers Océane et Méditerranée.
Il engage alors sa fortune
personnelle et se charge des travaux, en échange, le canal devient
son fief à perpétuité. Ses héritiers peuvent ainsi s'approprier
le canal et, sur son exploitation, bâtir une fortune. La construction
se fit en un temps record.
Pendant quatorze ans, à
la tête d'une " armée " de 12000 ouvriers hommes et femmes, il bâtit
le surprenant réservoir de Saint Ferréol, il franchit tous les obstacles
en réalisant 328 ouvrages d'art : écluses (dont les 8 consécutives
de Fonsérannes près de Béziers, pour franchir une dénivellation
de 21,5o m), ponts (l'un des plus anciens est le Pont du Somail),
aqueducs, tunnels (comme à Malpas sous l'oppidum d'Ensérune)…
Epuisé, il s'éteint le
1er octobre 1680, six mois avant l'ouverture officielle du canal
à la navigation entre Toulouse et Sète.
Son œuvre sera complétée
au long des siècles par les travaux de Vauban, fin XVIIème
siècle, percée de Cammazes, au XVIIIème siècle, par le Canal de
Jonction et de la Robine qui dessert Narbonne et Port la Nouvelle,
au XIXème siècle par la construction du canal latéral à la Garonne,
qui relie Toulouse à Bordeaux.
Sur 450 km, la navigation
est désormais assurée entre Méditerranée et Océan. Le tourisme fluvial
permet d'apprécier ce véritable patrimoine du Midi de la France,
fruit du travail de 12000 ouvriers.
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